À 20 ans, la représentante de Creuse Oxygène a remporté le titre mondial de VTT cross-country eliminator. Limousine d’adoption le temps de quelques stages et courses, elle est forcément dans nos coups de cœur de l’année.

Née à Istres, Isaure Medde habite toujours en Provence. La Méditerranéenne a découvert la Creuse avec le Team Creuse Oxygène, avec qui, elle a resigné pour 2021 et affectionne particulièrement la nature du département. Malgré son jeune âge, elle compte déjà un beau palmarès puisqu’elle a remporté le titre mondial en cross-country eliminator (sur plusieurs tours, les concurrentes s’élancent à quatre en même temps sur un circuit court, les deux premières se qualifient pour le tour suivant jusqu’à la finale) en octobre dernier après une deuxième place, l’an passé. Elle est vice-championne de France en titre de la discipline.

Comment êtes-vous arrivée en Creuse ?

C’est avec le Team Creuse Oxygène. Je me suis licenciée là-bas en 2018.

Qu’est-ce qui vous a fait signer avec cette équipe ?

Ils m’avaient proposé un très bon contrat. Scott (le fournisseur des VTT de l’équipe) a le meilleur vélo du marché. Et puis, Creuse Oxygène, c’est un team familial, il y a le côté professionnel mais pas que. On mange ensemble, on joue aux cartes ensemble. Avec les coéquipiers comme les encadrants. Et on est tous amis dans l’équipe. J’y ai resginé pour 2021. Et il y a un accord verbal pour 2022.

Quel est selon vous, le principal atout de la Creuse ?

La nature ! C’est très vert là-bas. En Provence, c’est plus asséché, surtout l’été. En Creuse, c’est super joli. J’aime beaucoup !
Et du coup, quelle est la principale faiblesse de la Creuse selon vous ?

La pluie… J’aime bien rouler dans les terrains boueux pourtant mais après il faut tout laver et puis surtout, il y a le froid. On a les mains gelées, les pieds gelés aussi… Je déteste ça.

Et selon vous, le département doit-il plus miser sur la nature que sur un développement économique ?

La nature… J’adore la nature.

Pensez-vous qu’il faut accueillir de nouvelles populations en Creuse, faire en sorte que ce soit bien plus peuplé ?

Pas vraiment. Le côté un peu “trou”, c’est leur spécificité. S’ils perdent ça, ce serait dommage. Vu de l’extérieur, ce côté perdu est positif ça a un petit charme…

Et est-ce que vous avez trouvé le Creusois accueillant en général ?

Ça dépend (sourire). Ça dépend des endroits où on va. Parfois, j’ai l’impression que certains ont un petit côté je-sais-tout. Nous, les Marseillais, on n’aime pas trop ça.

Et y a-t-il une « mentalité creusoise » selon vous ou du moins un caractère d’ici ?

Oui ! Ça se voit direct, même. Ils sont assez francs, entiers ent tout cas. Ils disent tout ce qu’ils pensent mais pas de la même manière que là d’où je viens. À Marseille, on est francs mais d’une manière différente. En Creuse, ils parlent de façon plus détournée, ils vont moins droit au but.

Et il y a une expression ou un juron d’ici que vous aimez particulièrement ?

Non… je ne vois pas. Je ne suis pas assez souvent en Creuse pour apprendre les expressions du coin…

Quel est le coin de Creuse qui vous touche le plus, l’endroit que vous préférez ?

Je connais Guéret, j’aime bien. La seule fois où j’y suis allée, il pleuvait. Il y a peu d’habitants mais c’est une belle ville. Mais c’est surtout le lac de Vassivière que j’apprécie. C’est super joli. On a fait le tour en VTT lors d’un stage.

Quelle est la plus belle chose que vous ayez lue, vue ou entendue sur la Creuse ?

C’est plutôt quelque chose que j’ai mangé. Ce qui m’a marquée, c’est le fondu creusois. C’est évidemment en Creuse que j’ai découvert ça. Quand j’ai goûté, j’ai tout de suite aimé.
Ce n’est pas l’idéal d’un point de vue diététique pour la pratique du VTT…

C’est sûr. Ce n’est pas terrible pour la diététique mais on ne fait pas toujours du sport, heureusement.

Et quel est le cliché collé au département qui vous agace le plus ?

Je dirais que c’est celui qui dit qu’en Creuse, il n’y a que des vaches. C’est vrai, il y en a mais il y a aussi des humaines (rires). Chez nous, dans le Sud, on dit que c’est le pays des vaches.

Vous ditez à vos amis qu’il n’y a pas que ça…

Oui, bien sûr mais je parle aussi des choses que j’aime le moins. Je n’y ai vu le soleil qu’une fois par exemple et pour moi, qui vient du Sud, c’est compliqué. L’un des points négatifs, c’est vraiment la pluie ici. Je parle aussi à mes amis de la distance. C’est loin de chez moi. Je mets beaucoup de temps à y aller, il y a souvent des travaux sur la route… Quand je passerai une semaine au soleil en Creuse, je n’en dirais que du positif. Mais en tout cas, pour le VTT, les sentiers sont géniaux.

Et qu’est-ce qui manque à la Creuse ?

Le soleil. Encore.

Le TGV ?

Oui, pourquoi pas… Un vrai centre commercial aussi pour faire les boutiques, ce serait sympa.
Est-ce que vous êtes déjà allé faire vos courses en Creuse ? Et si, oui, où ?

Je suis déjà allé à l’Intermarché de Guéret, pour acheter deux tomates… Je crois que c’est tout.

Compilé par le personnel du Conseil du PECO