Alors que les cas de contamination au Covid-19 s’envolent dans en France, avec 28 000 nouveaux cas détectés entre le mardi 27 et le mercredi 28 juillet, la situation semble se renverser dans d’autres États européens très touchés par cette nouvelle vague.

Les signaux sont faibles, mais ils sont là. Alors que l’Espagne, les Pays-Bas et l’Angleterre étaient terrassés par une nouvelle vague de coronavirus ces dernières semaines, on observe une stabilisation de l’épidémie dans ces pays, et même une franche baisse des cas dans certaines régions.

En Espagne, où les cas de Covid-19 ont explosé mi-juillet, le nombre de malades a cessé d’augmenter. Au niveau national, l’incidence s’est stabilisée pour la première fois depuis des semaines mercredi à près de 700 cas pour 100 000 habitants sur les 14 derniers jours, un taux qui reste cinq fois plus élevé qu’il y a un mois.
Stabilisation « minime » en Espagne

« Nous avons commencé à voir une certaine stabilisation de la courbe des cas », certes « minime », s’est prudemment félicité jeudi le chef du gouvernement Pedro Sanchez. En Catalogne, l’incidence dépasse toujours la barre de 1 000. Dans cette région touristique, le couvre-feu a été prolongé, à partir de 1 h du matin, et ce jusqu’au 6 août.

Après avoir atteint des records, la courbe des contaminations est en baisse aux Pays-Bas, avec quelque 3 900 nouveaux cas recensés lundi 26 juillet, selon les derniers chiffres officiels. Le nombre de patients hospitalisés restait cependant en hausse, mais la situation dans les hôpitaux « semble gérable », a souligné le premier ministre Mark Rutte. Dans ce pays de 17 millions d’habitants, environ 83 % de la population a reçu au moins une dose de vaccin et 59 % des adultes sont totalement vaccinés.
Un nombre de cas divisé par deux au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni aussi, les chiffres semblent repasser au vert. Le nombre de contaminations est en baisse depuis sept jours consécutifs. Un signal significatif dans ce pays qui enregistrait récemment jusqu’à 60 000 nouveaux cas en 24 heures.

Depuis le 20 juillet, lendemain de la fin des dernières restrictions liées au virus, les nouvelles contaminations n’ont fait que baisser, atteignant mardi 23 511 nouveaux cas quotidiens.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a appelé mardi ses compatriotes à « rester très prudents ». Expliquant avoir « évidemment remarqué » cette tendance, Boris Johnson a souligné qu’il était « très important que nous ne nous permettions pas de tirer des conclusions hâtives », le déconfinement ayant eu lieu trop récemment.
Météo et fin de l’Euro

Cette amélioration laisse d’ailleurs perplexes les scientifiques, alors que le gouvernement et ses conseillers scientifiques avaient anticipé début juillet jusqu’à 100 000 nouveaux cas positifs par jour dans le deuxième pays le plus endeuillé d’Europe par la pandémie, avec plus de 129 000 morts.

« Il est surprenant que le taux (de contaminations) ait chuté aussi rapidement et de façon aussi abrupte », a estimé mardi 27 juillet dans le Times le scientifique Mark Walport, qui fait partie du groupe conseillant le gouvernement. « Tout le monde se creuse la tête pour en trouver l’explication exacte ».

Parmi les causes avancées : les hautes températures de la semaine passée, la fin de l’Euro de football à l’origine de contaminations essentiellement masculines et le succès d’une vaste campagne de vaccination, qui a déjà administré une première dose à 88 % et une seconde à 70,5 % des adultes.

Faut-il y voir un espoir pour les prochaines semaines en France, où l’institut Pasteur prévoit un pic des hospitalisations pour mi-septembre ? Pour Philippe Amouyel, professeur de santé publique à l’Université de Lille, interrogé par Europe 1, la comparaison ne tient pas : « L’épidémie n’a pas démarré au même moment dans tous les pays. Si vous prenez l’exemple de certains pays comme le Royaume-Uni ou l’Espagne, ce sont des pays qui ont commencé près d’un mois et demi avant nous le développement de leur épidémie à partir du variant Delta », explique-t-il. « Plusieurs scénarios sont possibles à ce stade : la fin de cette vague estivale, un répit transitoire avant une résurgence à la fin de l’été, ou le maintien d’un plateau élevé comme durant l’hiver », avertit Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale à la faculté de médecine de l’université de Genève.

D’autant plus que, si la tendance s’améliore du point de vue des contaminations au Royaume-Uni, la situation continue de se dégrader du côté des hospitalisations et des décès, avec 131 morts annoncés mardi, soit le chiffre le plus élevé depuis mars.