Les personnes obèses ayant contracté la maladie à coronavirus ont plus de deux fois plus de risques de se retrouver à l’hôpital et près de 50 % plus de risques de mourir de la COVID-19, selon plusieurs études récentes.

C’est ce qu’a rapporté le quotidien «The New York Times», citant notamment une étude qui note que parmi près de 17 000 patients hospitalisés pour la COVID-19 aux États-Unis, plus de 77 % avaient un excès de poids ou étaient obèses.

«Les personnes très obèses vivent dans une sorte de situation précaire. Ce n’est pas que cosmétique», a dit au journal la Dre Anne Dixon, pneumologue au centre médical de l’Université du Vermont, et qui étudie comment le surpoids peut affecter des personnes souffrant d’asthme.

Plusieurs experts ont déclaré qu’une partie de la menace associée à l’obésité est mécanique: de grandes quantités de graisse peuvent notamment comprimer les parties inférieures des poumons, rendant leur dilatation plus difficile lors de l’inspiration.

Le sang des personnes obèses semble également plus enclin à la coagulation, bouchant ainsi les vaisseaux délicats dans tout le corps et privant les tissus d’oxygène.

La graisse, ou tissu adipeux, peut également envoyer des hormones et d’autres signaux qui détraquent les cellules voisines.

«Le tissu adipeux est très actif», a expliqué au «New York Times» Rebekah Honce, virologue à l’Hôpital de recherche pour enfants St. Jude de Memphis, au Tennessee, et auteur d’un article décrivant comment le métabolisme croise l’immunité.

«Ce n’est pas un tissu dormant», a-t-elle poursuivi.

L’un des effets les plus puissants de la graisse semble impliquer qu’il étouffe la réponse immunitaire initiale du corps au virus, permettant à l’agent pathogène de se propager sans contrôle. Le corps finit par se ressaisir, mais il semble que ce retard provoque un affolement plus dévastateur encore pouvant entraîner des épisodes inflammatoires incontrôlés.

L’excès de poids est associé à l’hypertension artérielle et au diabète. Ces deux conditions peuvent à elles seules compliquer le combat contre le virus, comme on l’a observé au cours des six premiers mois de la pandémie.

«Une nouvelle pandémie vient s’ajouter à une épidémie en cours», a souligné la Dre Christy Richardson, endocrinologue pour SSM Health au Missouri ajoutant à propos des effets de l’obésité sur les maladies infectieuses que s’il y avait encore des choses à apprendre, il n’est toutefois «pas difficile de comprendre comment le corps peut devenir submergé».