« J’entends d’ici les bouchons de champagne sauter du côté de la fédération automobile. » Pour le consultant spécialisé dans l’automobile Matthias Schmidt, la nomination annoncée d’un libéral du FDP, Volker Wissing, à la tête du ministère des Transports est une bonne nouvelle pour Volkswagen, Mercedes et BMW. Les arbitrages trouvés dans le contrat de coalition du futur chef de gouvernement Olaf Scholz, avec les Verts et les Libéraux, ont ravi les grands constructeurs du pays, lancés dans une politique d’électrification de leurs ventes.

« Je vois au moins trois chiffres qui me plaisent », lance le patron de Daimler, Ola Källenius : « 15 millions de voitures électriques, 1 million de bornes de rechargement et 80 % d’énergie renouvelable » d’ici à 2030, égrène-t-il. La maison mère de Mercedes compte déjà assurer 50 % de ses ventes avec des véhicules entièrement électriques dès 2025 pour relever le défi qui va de pair avec le plan climat de la Commission européenne et l’interdiction d es moteurs thermiques en 2035 .

Une voiture sur deux électriques en 2022

L’effort est néanmoins robuste pour le pays de Rudolf Diesel . Pour atteindre 15 millions de véhicules électriques d’ici à 2030, « une voiture sur deux nouvellement immatriculée devra être purement électrique dès 2022 », résume Hildegard Müller, la présidente de la fédération automobile, la VDA.

Actuellement, quelque 517.000 millions de véhicules sur les 48,5 millions en circulation le sont. Mais leur part de marché atteignait 17 % en octobre et celle des hybrides rechargeables 13,3 %.

La fin des primes en 2025

Les instruments mis en oeuvre pour accomplir ce tour de force sont encore flous. Le contrat du nouveau gouvernement prévoit que la prime actuelle à l’achat de véhicule électrique « ne sera plus nécessaire » au-delà de 2025. Le statut des véhicules hybrides n’est pas précisé, faute d’accord sur la question entre les Verts, le SPD et les Libéraux.

La prime actuelle, qui soutient les voitures 100 % électriques et les hybrides rechargeables, sera prolongée jusqu’en décembre 2022,  notamment en raison des difficultés de livraison actuelle des constructeurs liée à la pénurie de composants électroniques. Cette aide doit être réformée progressivement pour ne subventionner que les véhicules avec une autonomie électrique « minimale », soit 80 kilomètres, dès l’été 2023, au lieu de 2025 comme initialement prévu par le gouvernement Merkel.