Corée du Sud : rejugé pour corruption, l’héritier de Samsung condamné à deux ans et demi de prison
Corée du Sud : rejugé pour corruption, l’héritier de Samsung condamné à deux ans et demi de prison

Lee Jae-yong faisait l’objet d’un nouveau procès dans l’affaire à tiroirs qui avait entraîné la destitution, en 2017, de la présidente Park Geun-hye, puis son incarcération.

Coup dur pour le géant technologique sud-coréen qui se voit privé de son principal décideur. L’héritier de Samsung, Lee Jae-yong, a été condamné, lundi 18 janvier, à Séoul à deux ans et demi de prison dans un retentissant scandale de corruption, rapporte l’agence de presse Yonhap. Le dirigeant de 52 ans qui avait refusé de répondre aux questions des journalistes en arrivant libre, au tribunal, a immédiatement été emmené en détention après l’annonce du verdict.

M. Lee, qui faisait l’objet d’un nouveau procès dans l’affaire à tiroirs qui avait entraîné la destitution, en 2017, de l’ex-présidente Park Geun-hye, puis son incarcération, a été reconnu coupable de corruption et de détournements de fonds. Il « a versé volontairement des pots-de-vin et demandé à la présidente d’user de son pouvoir pour faciliter sa succession en douceur » à la tête du conglomérat, a expliqué le tribunal du district central de Séoul dans son jugement. « Il est très malheureux que Samsung, la plus grande entreprise du pays et un fleuron mondial de l’innovation, soit de façon répétée impliqué dans des crimes dès que le pouvoir politique change. »

Officiellement, Lee Jae-yong est le vice-président de Samsung Electronics, premier fabricant au monde de smartphones et de puces mémoire. Mais dans les faits, il est celui qui a repris le flambeau à la tête du conglomérat depuis que son père, Lee Kun-hee, l’artisan du décollage mondial du groupe, s’est mis en retrait en raison de problèmes de santé. Le patriarche est mort en octobre 2020. Samsung est, de loin, le plus grand des « chaebols », ces empires industriels familiaux qui dominent la 12e économie mondiale. Son chiffre d’affaires global représente un cinquième du PIB sud-coréen, et est donc crucial pour la santé économique du pays.

Dans cette affaire, M. Lee avait en 2017 été condamné à cinq ans de prison pour corruption, détournement de fonds et autres délits. En appel, la plupart des poursuites pour corruption avaient été écartées et M. Lee avait été condamné à une peine de prison avec sursis. Mais la Cour suprême avait ensuite ordonné un nouveau procès.

L’affaire porte sur des millions de dollars que le groupe avait versés à la confidente de l’ombre de la présidente, Choi Soon-sil. Des pots-de-vin qui étaient, selon l’accusation, destinés à faciliter la passation de pouvoir à la tête du conglomérat, alors que Lee Kun-hee était alité après une attaque cardiaque en 2014. La Cour suprême a définitivement confirmé jeudi la condamnation de l’ex-présidente Park à vingt ans de prison.

Ce scandale avait souligné une fois de plus les accointances troubles entre le pouvoir sud-coréen et les grandes familles qui contrôlent les « chaebols », ces conglomérats à l’origine du prodigieux redressement du pays après la guerre de Corée. En mai 2020, l’héritier avait présenté de rares excuses devant les médias, en particulier pour le processus de succession controversé qui lui permet de prendre la tête du groupe fondé par son grand-père, Lee Byung-chull. Lee Jae-yong avait même promis qu’il serait le dernier dans la ligne de succession familiale, et que ses enfants n’en hériteraient pas. Son père et son grand-père ont également eu maille à partir avec la justice, mais aucun n’a purgé de peine de prison.

Compilé par le personnel du Conseil du PECO