Renault a prévenu que le chiffre d’affaires pourrait baisser cette année, annulant ainsi un objectif précédent, après que le bénéfice du premier semestre avait été affecté par la baisse de la demande automobile et l’effondrement des bénéfices du partenaire de l’alliance Nissan suite au scandale Carlos Ghosn.

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Le bénéfice net a diminué de plus de moitié, s’établissant à 970 millions d’euros (1,08 milliard de dollars) en janvier-juin, le chiffre d’affaires ayant diminué de 6,4% à 28,05 milliards, a annoncé vendredi le constructeur français. Le bénéfice d’exploitation a également diminué de 13,6% à 1,65 milliard d’euros.

“Compte tenu de la dégradation de la demande, le groupe s’attend maintenant à ce que le chiffre d’affaires pour 2019 soit proche de celui de l’année dernière”, a déclaré Renault, renonçant à une promesse antérieure d’augmenter le chiffre d’affaires avant les effets de change.

Un ralentissement généralisé des ventes d’automobiles a secoué le secteur, suscitant des avertissements sur les bénéfices et aggravant les défis pour Renault et Nissan alors qu’ils peinent à tourner la page de l’ère Ghosn. Son ancien chef d’alliance attend maintenant son procès au Japon pour des accusations d’inconduite financière, qu’il nie.

Le résultat net de Renault a été affecté par la baisse de 826 millions d’euros des bénéfices de son partenaire détenu à 43,4%. Nissan supprime 12 500 emplois dans le monde après un effondrement des bénéfices qu’il tient à reprocher au leadership de Ghosn.

Toutefois, la performance de Renault – reflétée par une marge opérationnelle qui a reculé de 5,4% à 5,9% l’année précédente – se compare moins favorablement à celle du groupe PSA, son rival national. Le constructeur Peugeot a résisté à la crise avec une marge bénéficiaire record de 8,7% dévoilée mercredi.

Les tensions au sein de l’Alliance ont éclaté après l’arrestation de Ghosn en novembre et ont empiré lorsque Renault a tenté en vain de fusionner avec Nissan puis Fiat Chrysler, ce qui pourrait affecter la performance opérationnelle, craignent les investisseurs.

L’analyste de Citi, Raghav Gupta-Chaudhary, a annoncé une économie d’achat groupée inférieure à la normale à Renault de 258 millions d’euros. “Nous pensions que cela serait faible compte tenu des difficultés bien documentées concernant l’alliance”, a-t-il déclaré.

Renault a imputé à la baisse des ventes en France, ainsi qu’en Turquie et en Argentine, une baisse de 7,7% du chiffre d’affaires de son activité principale, l’automobile, dont la marge bénéficiaire est passée de 4,5% à 4%.

Le cash-flow libre opérationnel a également souffert, avec un résultat négatif de 716 millions d’euros, l’investissement ayant progressé de 742 millions d’euros à 2,91 milliards.

Renault, qui compte sur des lancements de modèles, dont une nouvelle Clio mini pour améliorer ses performances au second semestre 2019, a néanmoins réitéré ses promesses de générer un cash-flow positif pour l’année et une marge proche de 6%.

Le stock de Renault reste presque 19% inférieur à son niveau la veille de l’arrestation de Ghosn le 19 novembre à Tokyo.