Pendant trois années consécutives, les permis d’exportation d’armes ont diminué. Cette année aussi, la tendance demeure – grâce à certaines dispositions de l’accord de coalition.

Quartalszahlen Rüstungsexporte

Les entreprises d’armement allemandes vendent de moins en moins d’armes à l’étranger. Du 1er janvier au 31 mars, le gouvernement fédéral a approuvé des demandes de livraisons d’une valeur de 1,12 milliard d’euros, soit près de cent millions de moins que lors du trimestre moyen de l’année dernière. La valeur a été annoncée par le ministère fédéral de l’Économie à la demande du député vert Omid Nouripour.

L’industrie attribue cette tendance à l’attitude particulièrement restrictive du gouvernement fédéral à l’égard des pays extérieurs à l’UE et à l’OTAN depuis son entrée en fonction en mars 2018. Par exemple, l’accord de coalition prévoyait une interdiction partielle des exportations d’armes pour les pays participant à la guerre au Yémen. Suite à l’assassinat du critique du gouvernement saoudien, Jamal Khashoggi, une interdiction totale de l’Arabie saoudite a eu lieu en novembre, mais s’est légèrement atténuée à la fin du mois de mars.

En 2018, les permis ont diminué de près d’un quart à 4,82 milliards d’euros. C’est la troisième année consécutive que l’industrie de la défense connaît un déclin. La dernière croissance en 2015 avait atteint une valeur record de 7,86 milliards d’euros.

Nouvelles directives d’exportation

Les principaux acheteurs des exportations d’armes allemandes au premier trimestre ont été les États-Unis, avec des livraisons approuvées d’un montant de 169,1 millions d’euros et la Grande-Bretagne, de 156,9 millions d’euros. Viennent ensuite l’Australie (87,8 millions), le Maroc (56,1 millions) et l’Autriche (54,6 millions).

L’alliance dirigée par l’Arabie saoudite pour soutenir le gouvernement yéménite contre les rebelles houthis ne trouve aucun pays dans le top 20. La Turquie se classe au 19ème rang avec des autorisations d’exportation d’un montant de 15,3 millions d’euros. La Turquie et l’Arabie saoudite ont chacun un arriéré de demandes d’exportation d’une valeur de plusieurs milliards.

L’Union et le SPD veulent s’accorder sur de nouvelles politiques d’exportation d’armes d’ici au milieu de l’année. Les sociaux-démocrates s’appuient sur une réglementation stricte. “Nous ne voulons pas d’exportations d’armes vers les zones de crise et les dictatures”, indique le programme électoral européen. L’Union craint en revanche qu’une politique d’exportation trop restrictive ne nuise à la politique étrangère de l’Allemagne. Par exemple, l’interdiction partielle d’exportation d’armes imposée aux pays participant à la guerre au Yémen affecte également les projets européens communs et est critiquée par la Grande-Bretagne et la France.