En France, les super-riches se sont surenchéris avec des dons pour la reconstruction de Notre-Dame. En même temps, les gilets jaunes font rage et exigent des cadeaux. Il est temps de faire un miracle matériel.

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TOPSHOT – People wait for the Way of the Cross ceremony during the Good Friday as part of the Holy Week celebrations, near Notre-Dame Cathedral in central Paris on April 19, 2019, four days after a fire engulfed the 850-year-old gothic masterpiece, destroying the roof and causing the steeple to collapse. (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Si vous voulez devenir quelque chose, vous devez être à l’avant-garde. Les pompiers luttaient toujours contre les flammes, Friedrich Merz reconnaissant déjà le potentiel politique de l’incendie catastrophique de Notre-Dame: “Nous devrions créer une initiative citoyenne qui collecte des dons à travers le pays pour la reconstruction de cet exceptionnel atout culturel européen”, a tweeté le programme orienté ascension Homme de la CDU le soir de l’incendie de Notre-Dame.

On peut seulement dire: Respect. Prenez la crise actuelle et associez-la à votre propre engagement afin que chacun sache qu’il ne regarde pas seulement quand elle brûle. Il fait quelque chose.

Bien sûr, Merz n’était pas le seul. Face aux images insupportables du bâtiment en souffrance, une vague de servitude écrasante s’est enroulée et n’a pas diminué jusqu’à aujourd’hui. 900 millions d’euros devraient être réunis pour la reconstruction, peut-être même un milliard. Les familles entrepreneuriales françaises Arnault (Moët, Hennessy, Louis Vuitton), Pinault (Gucci, Yves Saint Laurent, Balenciaga) et Bettencourt-Meyers (L’Oréal) veulent à elles seules donner 500 millions, tandis que la compagnie pétrolière Total en dépose 100 autres. Incroyablement beaucoup d’argent.

Ce sont les mêmes qui se plaignent généralement d’impôts trop élevés, qui ne permettent pas d’éliminer suffisamment d’argent pour Notre-Dame. D’où vient cette soudaine générosité? La réponse est un beau mot français: prestige.

Quiconque fait un don à Notre-Dame est immortalisé dans l’histoire française. La France est un État central, Paris son centre et Notre-Dame le centre de ce centre. Sur le parvis de la cathédrale se trouve le “kilomètre zéro” français, toutes les routes commencent ici et mènent ici. Nulle part ailleurs il n’ya un tel investissement pour les personnes soucieuses que leur nom devienne immortel. Et pour économiser les impôts par reçu de don.

Bien sûr, il est juste de reconstruire la cathédrale. C’est plus qu’un bâtiment ancien, son importance en tant que monument national et européen, en tant que lieu de culture et de religion, ne peut être surestimée. Vous n’avez pas besoin d’être un entrepreneur de champagne, ni un Français ni un chrétien pour le savoir. C’est donc une bonne nouvelle que le ministre français de la Culture, Franck Riester, appelle la cathédrale «presque sauvée».

Dans le même temps, cependant, la colère de ceux à qui on dit toujours qu’ils aimeraient faire quelque chose pour eux, mais malheureusement, il n’y a pas assez d’argent disponible. “Notre-Dame a besoin d’un toit, nous aussi” – avec cette demande, ont protesté des membres d’une organisation de sans-abri près de la cathédrale qui a brûlé.

Même les vestes jaunes profondément insatisfaites ont rendu l’argent pour Notre-Dame encore plus en colère, à Pâques, il est revenu à des manifestations parfois violentes. Ironiquement, à la veille de l’incendie, le président français Emmanuel Macron a voulu lui donner des avantages substantiels: allégements fiscaux et augmentations de pensions. Son discours a échoué parce que le monde entier regardait les flammes.

Pourquoi ne pas utiliser la vanité si cela augmente la volonté de payer?

Ce changement pourrait être une opportunité. Jusque-là, les dons de Macron aux vestes jaunes auraient été un péché pour la génération suivante, car ils auraient bien entendu dû payer pour le fait que les citoyens furieux d’aujourd’hui paient moins d’impôt et reçoivent plus de pension. Après l’incendie de la cathédrale et le rassemblement qui a suivi, on ne peut nier: il y a de l’argent pour la bonne cause, ici, aujourd’hui et apparemment en abondance.

Bien sûr, Notre-Dame pourrait être construite et aider les sans-abri à ne sélectionner qu’un groupe ayant besoin d’aide. Macron n’aurait besoin que de frapper ceux dont les cercueils sont simplement grands ouverts.

Peut-être faudrait-il offrir aux super-riches de les perpétuer en retour dans la cathédrale reconstruite. Pourquoi ne pas utiliser la vanité si cela augmente la volonté de payer? Si un touriste demande dans cent ans, alors qui est-ce qui salue avec un léger sourire et une lueur dorée de la vitre, le chef dit: “Voici Arnault, un saint de Notre-Dame.”

Quel prestige, inestimable.