KAROSHI: la mort par surmenage au Japon

“Karoshi”, implique des employés qui se suicident ou souffrent d’insuffisance cardiaque et d’accident vasculaire cérébral en raison de longues heures de travail. La culture du travail au Japon est si intense, les gens dans les années 1970 ont inventé un mot qui se traduit par “la mort par surmenage ».

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Le concept japonais du karoshi remonte à la fin de la seconde guerre mondiale. Au début des années 1950, le Premier ministre Shigeru Yoshida a fait de la reconstruction de l’économie japonaise une priorité absolue. Il a fait appel à de grandes entreprises pour offrir à leurs employés une sécurité d’emploi à vie, en demandant uniquement aux travailleurs de les rembourser avec loyauté. Le pacte a fonctionné. L’économie du Japon est maintenant la troisième du monde et c’est en grande partie grâce aux efforts de Yoshida, il y a 65 ans.

Cependant, au cours des dix années qui ont suivi l’appel initial de Yoshida, les travailleurs japonais ont commencé à se suicider et à souffrir d’accidents vasculaires cérébraux ou d’insuffisance cardiaque en raison du lourd fardeau du stress et de la privation de sommeil.

Aujourd’hui, le bilan de la conciliation travail-vie au Japon n’est guère meilleur.Un rapport de 2016 sur les cas de karoshi et leur cause de décès a révélé que plus de 20% des personnes interrogées sur 10 000 travailleurs japonais ont déclaré travailler au moins 80 heures supplémentaires par mois.

Aux États-Unis, 16,4% des personnes travaillent en moyenne 49 heures ou plus par semaine. Au Japon, plus de 20% le font, selon le rapport. La moitié des répondants ont déclaré ne pas prendre de congés payés.

Il n’est pas rare que de jeunes employés au Japon travaillent de longues heures. Les patrons s’attendent à ce que les jeunes employés continuent à arriver tôt et partir tard, souvent tard dans la nuit. Takehiro Onuki, un vendeur de 31 ans, arrive souvent à 8 heures et repart à minuit. Il ne voit sa femme que le week-end.

Cela concerne donc d’innombrables autres employés japonais, dont beaucoup travaillent dans des emplois de bureau avec des hiérarchies rigides. Et les gens quittent rarement leur emploi parce que trouver un nouveau signifie partir de zéro, pas au niveau qu’ils viennent de quitter.

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C’est encore pire pour les femmes. Ceux qui réussissent dans un milieu de travail dominé par les hommes risquent tout ayant des enfants. Il est tres difficile de reprendre leur carrière. Un grand nombre de femmes ne retournent pas du tout au travail.

En ce qui concerne les jeunes Japonais, beaucoup choisissent de quitter la vie d’entreprise pour ouvrir des boutiques, des cafés, etc. Là, ils acceptent les bas salaires plutôt que de travailler dans des bureaux sombres. Rien de tout cela n’aide les entreprises non plus: le Japon a la plus faible productivité du G7.

Le résultat est une génération entière de travailleurs désespérés de paraître dévoués à leur travail. La pression pour créer un meilleur environnement de travail augmente. Après qu’une jeune employée de Dentsu, le géant de la publicité japonaise, se soit suicidée en 2015, un tribunal a statué que c’était à cause de Karoshi. Plus généralement, à une époque où une économie en expansion et une population en déclin créent de graves pénuries de main-d’œuvre, les entreprises réputées pour s’acquitter de tâches difficiles ont du mal à attirer du personnel. Une femme, une cadre supérieure qui voyait à peine ses enfants alors qu’elle gravissait les échelons de l’entreprise, se demande si les sacrifices qu’elle a consentis en ont valu la peine.

Le gouvernement fédéral japonais a pris des mesures pour réduire les cas de karoshi, mais les experts craignent que les mesures n’aillent pas assez loin.

Le temps est venu pour le changement. L’économie est relativement en forme. Les entreprises japonaises souhaitent s’adapter pour être compétitives à l’étranger. Pourtant, un trop grand nombre de politiciens et de titans d’entreprises japonais sont de sexe masculin, cachés et timides. De nombreux travailleurs sont peu exigeants. Le conformisme reste puissant, au travail plus qu’ailleurs. Le changement arrive, mais il arrive trop lentement.

One thought on “KAROSHI: la mort par surmenage au Japon

  1. Réflexion générale sur vos articles : j’imagine que ce ne sont pas vos cadres dirigeants qui tapent les articles mais plutôt de quelconques petites mains voire des stagiaires… mal payés. Les erreurs de retranscription sont légion, hélas. Ce ne sont pas des fautes de frappe mais plutôt un mot omis ou un mot mis pour un autre et c’est très désagréable. Cela révèle une tâche accomplie à 200 à l’heure et dans le stress. Comme c’est de plus en plus fréquent sur les sites d’info en ligne, on peut en conclure que les conditions de travail ne font qu’empirer. Dommage.

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