Slovénie et Croatie ne s’entendent plus

Dans les années 1990, lors de la séparation des deux pays de la Yougoslavie, ils se sont soutenus pour être reconnu comme pays indépendants aux yeux de la communauté internationale. 25 ans plus tard, ces pays qui se sont aidés sont aujourd’hui  deux étrangers qui ne se parlent plus. Que s’est-il passé entre temps? 

Croatie
Le littoral croate-slovène est source de conflit permanent pour une économie touristique important – Google maps ©

Des questions de délimitation de frontières

Lors de la chute de la Yougoslavie, les pays ont dû dans l’urgence décidé de la démarcation géographique des pays entre eux. Des décisions arbitraires ont été décidé impactant la vie des citoyens. Les limites des nouvelles Républiques n’avaient jamais été marquées, et des choix ont été fait en fonction des pouvoirs de l’époque, et des choix des potentiels électeurs.

Les questions de territoire concerne Zumberak et Istria à la frontière Slovène – Croate, dans les terres.

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Les eaux internationales au large de Piran (Slovénie) sont sources de conflit © Google maps

Cependant, les principaux conflits ont lieu sur le littoral, sur les environs de Piran. Les eaux internationales sont sujettes à de nombreuses disputes pour connaître les lieux de pêche.

Pour influencer les décisions avec l’Union Européenne, la Slovenie est entrée en première dans l’Union, et de plus a obtenu l’accès et l’usage de la monnaie Euro, tandis que la Croatie était même en dehors de l’espace Schengen pendant un temps. Profitant de son statut protecteur, la Slovénie a utilisé cette situation pour appuyer les négociations lorsque la Croatie a souhaité rejoindre l’Union Européenne en 2008. La Croatie accusant la Slovénie d’un comportement hostile envers son voisin. En 2009, le Premier ministre croate Jadranka Kosor a fait sa priorité le déblocage des relations entre les deux pays.

Les négociations concernant la délimitation des territoires ont été délégué au Tribunal international de La Hague, ainsi la Slovénie a débloqué la situation et la Croatie a pu obtenir l’accès à l’Union Européenne en 2013.

Les négociations ont été pour l’attribution en faveur de la Slovénie d’un meilleur accès aux eaux internationales pour avoir une jonction entre les eaux italiennes et croates. En 2015, un scandale a émergé indiqué qu’un juge slovène censé être indépendant était en lien avec le ministre des Affaires étrangères slovène. La Croatie a sauté sur cette opportunité pour annuler l’arbitrage et couper court à toute négociation concernant les eaux internationales.

Les deux responsables slovènes ont démissionné. Malgré cette décision, la Croatie ne voulait plus continuer les négociations. Peu de temps après, le ministre des Affaires étrangères slovène a indiqué que la Slovénie pouvait empêcher les bateaux de tourisme croate de passer les eaux slovènes, pour empiéter sur l’industrie du tourisme croate.

La route des migrantes – Croatie, Slovénie, Autriche

Lors de la crise des migrants en 2015, la Slovénie a craint que l’Autriche ferme ses frontières, déversant un flux d’immigrants musulmans sur le territoire slovène, en passant par la Croatie.

La Croatie ne voulait pas non plus avoir des milliers de migrants musulmans sur son territoire, et n’a pas souhaité de limitation en destination de la Slovénie. La Slovénie a décidé la construction de 187 kms de barrières au  bordure de la Croatie, pour un total de 669 kms de frontière entre les deux pays. C’est à présent une construction peu intéressante à voir, après la crise des migrants a diminué. Les barrières aurait pu être retiré, mais la Slovénie a décidé de les conserver, pour anticiper de prochaines crises humanitaires.

L’autoroute liant la Croatie avec l’Europe de l’Ouest passe par la Slovénie

L’autoroute liant la Croatie avec le reste de l’Europe de l’Ouest, à travers l’Autriche, passe par la Slovénie. La Croatie étant un pays touristique recevant un grand nombre de visiteurs chaque année, la Slovénie utilise cette autoroute pour pénaliser son voisin, en retardant les travaux. En 2009, sous la pression de l’Europe, la Slovénie a terminé une partie des travaux, mais a laissé le dernier tronçon non fini, permettant de connecter l’autoroute avec le réseau autoroutier de Croatie. L’autoroute devrait être terminé fin 2018.

L’usine nucléaire de production électrique construite conjointement sous l’ère yougoslave

L’usine de Krško est située en Slovénie, proche de la Croatie, et construite conjointement par la Slovénie et la Croatie, à l’époque de la Yougoslavie, dans les années 1980.

Ce site de production électrique basé sur le nucléaire devrait s’arrêter en 2043, et il avait été décidé un partage du démolissage, et que 50/50 des déchets nucléaires devraient être stocké entre les deux pays. Cependant, la Croatie n’a pas trouvé une résolution en interne pour le stockage de ces déchets, et actuellement la Slovénie est entièrement responsable du recyclage sur son territoire.

En représailles, la Slovénie a indiqué éventuellement l’arrêt de distribution d’électricité pour la Croatie, qui en bénéficie, ou bien une augmentation des prix vendus pour les clients croates.

Un déni bancaire

Sous l’ère yougoslave, la Slovénie était le petit le plus stable de tous, avec une économie forte. C’est la raison pour laquelle de nombreuses personnes ont décidé d’épargne auprès des banques slovènes, incluant les clients croates. Dans les années 1990, les banques slovènes ont déclaré une mise en faillite fictive, et que les épargnants devaient à présent demander une compensation à leur gouvernement.

Après plusieurs années de procédure judiciaire, la Slovénie doit régulariser des arriérés financiers auprès des épargnants, représentant 386 millions d’euro pour 136°000 personnes.

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