A peine créée, Stellantis va délocaliser en Hongrie la production d’un moteur essence fabriqué jusqu’ici à Douvrin (Pas-de-Calais). Environ 800 personnes (syndicats et préfecture) ont défilé samedi près de l’usine Stellantis (ex-PSA) pour protester contre cette décision de la direction de Stellantis.

Créée en janvier 2021 avec la bienveillance du gouvernement français, Stellantis n’a pas soufflé sa première bougie qu’elle délocalise déjà des activités installée depuis plus de 50 ans en France… Environ 800 personnes (syndicats et préfecture) ont défilé samedi près de l’usine Stellantis (ex-PSA) à Douvrin (Pas-de-Calais) pour protester contre la délocalisation de la production d’un moteur essence en Hongrie, synonyme de “mort programmée” de l’usine, selon des syndicats. “Les salariés sont très inquiets”, a rapporté à l’AFP Laurent Dubois (CFTC), qui réclame “le maintien de l’emploi sur notre site” fondé en 1969, où travaillent environ 1.500 personnes.

En dépit de la crise Covid-19, les groupes automobiles PSA et FCA, qui ont fusionné et ont créé Stellantis, ont enregistré des profits en 2020, malgré une forte baisse de leur chiffre d’affaires. FCA affiche une marge de près de 4% tandis que celle de PSA atteint les 7%. Ces bons résultats confortent la robustesse financière de Stellantis qui doit désormais mettre en oeuvre sa fusion et dégager les synergies promises.
La mort programmée de l’usine de Douvrin

Selon les syndicats, l’usine risque de ne plus avoir de production d’ici à 2025, avec le probable arrêt du moteur diesel en 2023 et la délocalisation annoncée fin février de la production des moteurs essence EP génération 3 vers l’usine Opel de Szentgottard, en Hongrie, en 2023. “Sans cette production-là, on sera contraint de fermer l’usine. La délocalisation sonne la fin pour nous”, prédit Joël Petit (CFDT). “PSA a fait subir des accords de compétitivité, et finalement à peine Stellantis créée, la direction annonce la délocalisation” du moteur EP, s’insurge Régis Scheenaerts, de la CGT, qui n’était “pas signataire”.


“Ce qui se dessine, c’est la mort programmée de la Française de mécanique” (ancien nom de l’usine). De l’usine sort actuellement un troisième moteur, celui à essence EB, également produit dans d’autres sites du groupe. En juin, la direction doit annoncer où sera produit sa nouvelle génération. “La production d’un nouveau moteur sur ce site est indispensable si nous voulons préserver les emplois : @StellantisFR doit s’y engager !”, a tweeté le président du conseil régional Xavier Bertrand (ex-LR), candidat à sa propre succession, mais aussi à la présidentielle.
Une méga-usine de batteries

La construction tout près d’une “méga-usine” de batteries pour voitures électriques à partir de 2022, sous l’égide de la coentreprise Automotive Cells Company (ACC) – qui réunit à parts égales Stellantis avec le spécialiste français des batteries Saft, filiale de Total – peine à rassurer les syndicats. “Elle n’absorbera pas (les emplois perdus)”, selon Joël Petit.

D’après la direction d’ACC qui avait présenté le projet le 16 février, cette usine pourrait générer entre 1.400 et 2.000 emplois d’ici à 2030. “ACC va permettre qu’une partie des salariés soient repris à partir de 2023 (…) les conditions de transfert sont en cours d’élaboration”, a assuré à l’AFP une porte-parole du groupe. Une cellule de reclassement vient d’être créée.

Compilé par le personnel du Conseil du PECO