Le Canada a perdu un record de 2 millions d’emplois en avril, tandis que le taux de chômage a atteint un niveau presque élevé de 13%, selon des données officielles vendredi, montrant les dommages que les arrêts liés aux coronavirus ont causés à l’économie.

«C’est un monde étrange dans lequel nous vivons, où l’emploi est une grosse surprise à la hausse par rapport à ce que nous attendions, mais il est toujours manifestement mauvais. Vous avez deux millions de personnes sans emploi. C’est aussi qu’ils ont travaillé beaucoup moins d’heures qu’ils ne le feraient normalement. Cela est toujours compatible avec une baisse très, vraiment forte de la production ou une autre forte baisse de l’activité économique globale en avril.

«Il y en a (signes d’espoir). Statistique Canada signalait qu’une plus grande part de l’augmentation du chômage était attribuable à des mises à pied temporaires, de sorte que les travailleurs maintiennent certains contacts avec leur employeur et si leur employeur est toujours en affaires, ils prévoient de rouvrir une fois le choc terminé. Et il y a aussi des pousses vertes à partir d’autres données… donc les profondeurs de la récession que nous frappons sont sans précédent, mais il semble également que nous arrivions au fond de cette récession économique. »

DOUGLAS PORTER, ÉCONOMISTE EN CHEF, BANQUE DE MONTRÉAL:

«Je pense que le consensus a été très fortement influencé par certains des chiffres gargantuesques que nous avons vus de la prestation canadienne d’intervention d’urgence, qui a indiqué que plus de 7 millions de Canadiens avaient demandé cette aide.

“Le nombre est logique car il n’est pas très différent de ce que nous avons vu aux États-Unis, du moins sur le numéro de paie américain. Ce que cela suggère, c’est que les deux économies enregistrent des performances à peu près similaires en termes de taux de fermeture de l’économie. »

ANDREW KELVIN, STRATÉGISTE EN CHEF CANADA, VALEURS MOBILIÈRES TD:

“Il est encourageant de constater que moins d’emplois ont été perdus que nous ne le craignions. Le taux de chômage à 13% n’est pas quelque chose dont il faut s’exciter, mais c’est beaucoup mieux que prévu. Je dirais que les chiffres de l’emploi sous-estiment probablement la faiblesse de l’économie, étant donné que les heures travaillées dépassent l’emploi décroché.

«(La Banque du Canada a déjà) déployé tous ses grands programmes d’achat d’actifs qu’ils avaient dans la boîte à outils, et il n’y a pas vraiment de raison d’être guidé si personne ne fixe le prix d’une randonnée pendant plus d’un an… S’il s’avère que le pic de choc des mesures de distanciation sociale était du côté inférieur des estimations, cela n’implique pas moins un écart dans l’économie si vous voulez, et cela implique peut-être un peu plus tôt un retour à la normale. Mais ce n’est pas une discussion de 2020, ce n’est probablement pas une discussion de 2021 non plus. Je ne pense donc pas que cela change quoi que ce soit (pour la Banque du Canada) à court terme. »