La compagnie low-cost a révisé à la baisse ses prévisions financières. Les grèves à répétition impactent les prises de réservation et la compagnie irlandaise est obligée de baisser les prix pour maintenir ses remplissages. Ce faisant, elle met la pression sur ses concurrents qui seront, eux aussi, contraints de baisser leur prix alors qu’un grand nombre d’entre eux comptait les augmenter pour compenser la hausse du prix du carburant.

En baissant ses prix pour remplir ses avions, Ryanair mettra en effet la pression sur ses rivaux qui seront également contraints de réduire leur prix. Une tuile pour un grand nombre d'entre eux qui comptaient au contraire augmenter les tarifs pour compenser la hausse des prix du pétrole.
En baissant ses prix pour remplir ses avions, Ryanair mettra en effet la pression sur ses rivaux qui seront également contraints de réduire leur prix. Une tuile pour un grand nombre d’entre eux qui comptaient au contraire augmenter les tarifs pour compenser la hausse des prix du pétrole.

Changement de décor pour Ryanair. Pendant des années, la compagnie aérienne irlandaise profitait de la publication de ses résultats semestriels pour réviser à la hausse ses prévisions de bénéfices annuels, volontairement prudentes à chaque début d’exercice. Cette année, c’est l’inverse. Le numéro un du low-cost européen a révisé à la baisse ses prévisions financières pour l’exercice 2018-2019, qui s’achèvera fin mars de l’année prochaine. Elle table sur un bénéfice net en retrait de 150 millions de moins par rapport à la fourchette de 1,25 à 1,35 milliard d’euros qu’elle prévoyait jusqu’ici, à un niveau se situant entre 1,1 et 1,2 milliard d’euros. Il s’agira par conséquent d’un net repli par rapport au 1,45 milliard d’euros réalisé en 2017-2018. L’annonce a été sanctionnée fortement par les investisseurs. Le cours de Ryanair chutait ce lundi de plus de 10%.

Les concurrents également touchés
La hausse du prix du pétrole ne jouant que pour une trentaine de millions d’euros dans cette révision des prévisions, le décrochage s’explique pour l’essentiel par l’impact des grèves à répétition du personnel navigant de plusieurs pays européens qui frappent la compagnie depuis l’été dernier. Les craintes de nouvelles grèves perturbent les réservations et poussent Ryanair à baisser ses tarifs pour remplir ses avions.

« La confiance des clients, les réservations et les tarifs au troisième trimestre sont affectés (…) dans ces cinq pays où des grèves inutiles se sont répétées”, à savoir l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne et le Portugal, a déclaré le directeur général Michael O’Leary.

Pour tenter de limiter cet impact, la direction va réduire ses capacités de 1% cet hiver. Trois bases seront fermées, une au Pays-Bas, deux autres en Allemagne. Au final, la compagnie compte toujours augmenter son trafic annuel, mais la progression sera moins forte que prévu (138 millions, un million de moins que prévu).

La chute de Ryanair en Bourse entraîne les autres compagnies
On aurait pu croire que les difficultés de Ryanair soient une bonne nouvelle pour les concurrents. Il n’en est rien. Le décrochage en Bourse de Ryanair a fait baisser les autres valeurs du transport aérien européen : -4,41% pour Easyjet en début d’après-midi, -3,65% pour Air France-KLM, -1,28% pour Lufthansa, -1,67% pour IAG….

« La baisse des prix de Ryanair aura un impact sur les autres compagnies, qui seront, elles aussi, obligées de s’ajuster »,», explique Yan Derocles, analyste chez Oddo BHF.

En baissant ses prix pour remplir ses avions, Ryanair mettra en effet la pression sur ses rivaux qui seront également contraints de réduire leur prix. Une tuile pour un grand nombre d’entre eux qui comptaient au contraire augmenter les tarifs pour compenser la hausse des prix du pétrole. L’hiver risque d’être long pour les compagnies disposant de peu de couvertures contre la hausse du carburant.