Le déficit commercial de la France s’est dégradé à 5,2 milliards d’euros en juin, retrouvant un “niveau plus habituel” après le bond des exportations enregistré en mai, mais avec une tendance à l’amélioration sur le trimestre, ont indiqué ce mercredi 7 août les douanes.

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Mauvaise nouvelle pour le commerce extérieur français. Selon les statistiques CVS/CJO publiées ce mercredi 7 août par les Douanes, le déficit commercial dans l’Hexagone s’est à nouveau creusé en juin, de 1,9 milliard d’euros par rapport au mois de mai pour s’établir à 5,2 milliards. Une contre-performance après sa nette amélioration du mois de mai en raison d’un contrecoup des exportations reparties en forte baisse (-4,9%, -2,2 milliards d’euros) après avoir bondi de 4,3% au mois précédent.

Il retrouve ainsi “un niveau plus habituel après le point haut de mai 2019”, en raison notamment du repli des exportations militaires qui avaient atteint le mois précédent “leur plus haut niveau sur les 15 dernières années”, ont-elles souligné.

Le recul concerne aussi “la construction aéronautique et spatiale, les produits sidérurgiques et de première transformation de l’acier, les appareils de mesure et de navigation, les boissons ainsi que les produits pharmaceutiques”, ont détaillé les douanes. Sur l’ensemble du deuxième trimestre, cependant, “la tendance est à l’amélioration après la stabilité observée au quatrième trimestre 2018 puis la baisse au premier trimestre 2019”.

Les importations ont parallèlement légèrement diminué pour atteindre un montant de 47,1 milliards, soit une baisse de 0,6% par rapport à mai. Le déficit des seuls produits manufacturés s’est nettement dégradé, s’établissant à 4,26 milliards d’euros en juin, contre 2,91 milliards le mois précédent. Les livraisons d’Airbus ont représenté 3,1 milliards d’euros (37 appareils) contre 3,3 milliards (37 appareils également) un mois plus tôt. Par zones géographiques, le déficit avec les pays hors Europe s’est dégradé à 3,54 milliards d’euros (après 2,09 milliards en mai).

Le solde des investissements directs reste stable
En cumul sur les 12 derniers mois, le déficit commercial est “quasiment stable” en juin et atteint 54 milliards d’euros, contre 59,2 milliards en 2018 et 58 milliards d’euros en 2017, ont souligné les douanes. Pour sa part, le déficit des transactions courantes s’est réduit au cours du deuxième trimestre de 1,7 milliard d’euros, pour s’établir à 2 milliards, a précisé la Banque de France dans un communiqué.

Enfin, le solde des investissements directs reste stable par rapport au trimestre précédent, la hausse des investissements français à l’étranger (14,2 milliards d’euros après 7,2 milliards) étant compensée par celle des investissements étrangers en France (9 milliards d’euros après 2,5 milliards).

Le secrétaire d’Etat, Jean-Baptiste Lemoyne, s’est félicité de l’évolution des chiffres du commerce extérieur sur les six premiers mois de l’année, avec un déficit en recul de “5,2 milliards d’euros ” par rapport au premier semestre de l’année dernière. “Nous avons des performances sur le premier semestre qui sont encourageantes, avec des exportations très dynamiques”, a-t-il affirmé à l’AFP, rappelant que cette progression intervient malgré les “tensions commerciales et géopolitiques” de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. “Ce sont les meilleurs soldes semestriels depuis 2016”, a-t-il assuré, en dépit de la hausse du prix de l’énergie depuis deux ans.