Alors que les bus à hydrogène prolifèrent dans le trafic urbain, le secteur est divisé en deux vecteurs: la mobilité et le stockage d’énergie.

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Alstom vend 27 trains à hydrogène en Allemagne, les autobus à hydrogène font leurs premiers pas dans les villes françaises, les fabricants nouent des partenariats pour fabriquer des piles à combustible …

Dans ce secteur stratégique, les projets se multiplient par deux vecteurs: mobilité et stockage d’énergie, explique Clément Le Roy, directeur principal chez Wavestone chez Wavestone, spécialiste du secteur de l’énergie.

L’hydrogène est-il le carburant du futur? Quels sont ses avantages par rapport aux batteries des “véhicules électriques”?
La production d’hydrogène est historiquement concentrée sur l’industrie pétrolière et chimique, qui consomme 60 mégatonnes d’hydrogène, dont 90% de fossile. Aujourd’hui, on souhaite de plus en plus produire de l’hydrogène de manière virtuose, c’est-à-dire libérer du CO2 dans l’atmosphère afin de pouvoir utiliser l’hydrogène comme source d’énergie pour diverses applications.

La technologie des piles à combustible, qui génère de l’électricité à partir d’hydrogène et d’oxygène et ne rejette que de l’eau, a créé de nouvelles opportunités dans le secteur de la mobilité. En fait, les principaux constructeurs automobiles se positionnent en ce qui concerne les véhicules à hydrogène, comme en témoignent les récentes déclarations d’intention de Toyota et BMW ou de Michelin et Faurecia, qui viennent de développer la start-up Symbio.

Avec une autonomie moyenne de 650 km et un temps de chargement de 5 minutes pour un véhicule, la voiture à hydrogène séduit par ses performances. De plus, la pile à combustible est constituée d’une petite quantité de matériau nocif et présente un cycle de recyclage plus efficace que les batteries.

Les métropoles de Pau, de Belfort ou du Mans ont déjà mis en place des bus à hydrogène ou se préparent à le faire. Selon les recherches menées par le Conseil de l’hydrogène et l’AFHYPAC (Association française de l’hydrogène et des piles à combustible), les véhicules légers et les transports publics utilisant de l’hydrogène pourraient se développer massivement. De 2040 à 2050, les poids lourds, le fret maritime et le fret aérien pourraient utiliser l’hydrogène comme carburant.

Nous entendons aussi parler d’hydrogène «vert». Pour quelles applications
L’énergie à base d’hydrogène a actuellement de nombreux objectifs, soit comme stockage, soit comme vecteur de récupération d’énergie renouvelable, en complément du gaz naturel ou pour des applications en mobilité.

L’une des principales applications est le stockage d’électricité à partir de sources d’énergie renouvelables et intermittentes. Plusieurs projets pilotes existent en France, tels que le projet Jupiter 1000 piloté par GRTgaz, qui expérimente la conversion d’énergie électrique à partir de gaz vert renouvelable ou sous forme d’hydrogène ou de gaz de synthèse, via la continuation injectée dans le réseau de transport.

L’hydrogène vert peut également contribuer à la décarbonisation des bâtiments. Les piles à combustible produisent l’électricité et la chaleur nécessaires sur le site. Le projet Delta Green à Nantes montre cette opportunité: dans un immeuble de bureaux de 4 600 m2, des électrolyseurs et des piles à combustible sont utilisés pour stocker et récupérer une partie de l’électricité générée par les modules photovoltaïques.

Enfin, le secteur de la mobilité attend également de produire de l’hydrogène vert en quantité suffisante pour alimenter les piles à combustible des véhicules. La Compagnie Nationale du Rhône investit dans ce secteur sobre en carbone en participant au projet Hyway, qui équipera une flotte de 50 Kangoo ZE en hydrogène et installera deux stations de charge.

Où est le secteur français de l’hydrogène “vert” depuis l’annonce du plan de déploiement de l’hydrogène par Nicolas Hulot en 2018? La France a-t-elle des avantages par rapport à ses voisins européens?
L’appel d’offres “Hydrogen Mobility Ecosystems” lancé en octobre 2018 a permis de sélectionner 11 projets d’un volume total de 50 millions d’euros. Le secteur est en cours de restructuration et de mise en marche, avec un réel enthousiasme pour les régions et le positionnement d’un grand nombre de spécialistes de l’énergie dans le domaine de l’hydrogène.

La France est très bien placée. Au Davos Business Forum 2017, un conseil de l’hydrogène a été lancé. Il regroupe aujourd’hui 39 sociétés du monde entier, dont Engie, Total, Air Liquide, Plastic Omnium et McPhy. EDF a récemment annoncé la création de sa propre filiale, Hynamics.

Cependant, nous devons rester vigilants dans la compétition internationale. En Asie, la Chine et le Japon occupent une position prépondérante sur le marché avec des milliards de subventions. En Allemagne, le gouvernement fédéral prévoit de promouvoir des technologies d’un montant pouvant aller jusqu’à 250 millions d’euros d’ici 2019.