Depuis le début de l’année, l’action du constructeur automobile californien a chuté de 38%. Les investisseurs punissent les échecs de la hausse du rythme industriel, mais aussi le retour des pertes au premier trimestre. Pourtant, Tesla dispose de liquidités abondantes et continue à emprunter lourdement sur les marchés.

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Cela fait des années que les médias le donnent pour des morts… De plus, les vendeurs à découvert sont encore nombreux à parier sur le titre… Mais Tesla est toujours là et – encore plus fort – Elon Musk, son fondateur aussi flamboyant. Et pourtant, le groupe automobile californien n’a rien changé à ses fondamentaux économiques et industriels précaires, au contraire, ils se sont détériorés au début de l’année.

Le modèle 3 soulève des questions
Première question: le lancement du modèle 3 est-il conforme aux attentes? Cette voiture était destinée à donner une nouvelle échelle à Tesla avec des volumes de ventes plus importants. Il semble que ce modèle n’ait pas atteint ses objectifs aux États-Unis, certainement victime de la baisse de la prime à la voiture électrique de 7 500 à 3 500 dollars (et qui va bientôt disparaître). Mais Tesla semble également avoir eu du mal à atteindre ses objectifs de production. Au premier trimestre, elle n’a produit que 63 000 voitures, contre 76 000 promises. Enfin, la marque de voitures 100% électriques a changé de vitesse à plusieurs reprises (quatre fois) dans sa stratégie marketing. Ainsi, le modèle 3 avait été promis à 35 000 dollars, mais uniquement pour la vente en ligne. Enfin, Tesla a renoncé à cette idée, passant à plus de 39 000 euros, la voiture la moins chère. Le groupe a alors annoncé la fermeture de son réseau de magasins, avant de revenir sur cette décision.

Enfin, les analystes s’interrogent sur les premiers signes d’une marque essoufflée aux États-Unis. «Nos recherches montrent que la plupart des véhicules produits par Tesla au cours du premier trimestre ont été expédiés vers des marchés étrangers, ce qui suggère que la demande aux États-Unis est en baisse», a déclaré Jessica Caldwell, experte chez Edmunds.com et citée par l’AFP. En outre, une autre rumeur (jamais démentie) selon laquelle Panasonic est sur le point de suspendre le projet visant à augmenter la capacité de la Tesla Gigafactory dans le Nevada.

Pertes
Deuxième mauvaise nouvelle: Tesla perd encore de l’argent. Au premier trimestre, le constructeur a annoncé une forte détérioration de sa situation financière en annonçant une perte de 700 millions USD après avoir enregistré des gains à la fin de l’année 2018 (+ 139 millions USD), malgré une perte d’une année sur l’autre. (un milliard de dollars). Cette sous-performance au cours des trois premiers mois de l’année est encore plus dommageable puisque Tesla a enregistré une très forte augmentation de son chiffre d’affaires (+ 33%). Mais à 4,5 milliards de dollars, les revenus ont été inférieurs aux attentes (5,19 milliards de dollars).

À la suite de cette série de mauvaises nouvelles, les actions de Tesla sont en chute libre depuis le début de l’année. Le titre a perdu 38% depuis le 1er janvier et s’est sensiblement éloigné des sommets atteints l’an dernier, ce qui a rendu l’entreprise plus rentable que General Motors, qui produit pourtant 100 fois plus de voitures. Les ordres de grandeur parlent d’eux-mêmes: à la fin de 2018, Tesla valait environ 65 milliards de dollars en bourse (pour 53 milliards de dollars pour General Motors), contre 35 milliards à la mi-mai.

Ce n’est pas tout. La valse des dirigeants s’est poursuivie au début de l’année avec le départ spectaculaire du CFO, qui a démissionné après la présentation des résultats trimestriels. Selon les agences de presse, le compte porte à 30 cadres le nombre de départs en deux ans.

Les tweets d’Elon Musk toujours dans la ligne de mire
Enfin, Elon Musk est toujours dans la ligne de mire de la Bourse de Constable. Le fondateur de Tesla, connu pour son art du buzz sur Twitter, a de nouveau irrité la SEC en affirmant en avril que le constructeur construirait 500 000 voitures en 2019… soit 30% de plus de voitures que 2018 (350 000 voitures). Pour la SEC, ce tweet est encore une fois susceptible d’induire en erreur les marchés. Jusqu’à présent, Tesla n’a jamais réussi à augmenter sa production au niveau prometteur. En 2015, Elon Musk a annoncé 500 000 voitures en 2018…

Cela n’empêche pas Elon Musk de multiplier les annonces: camion 100% électrique, nouveau SUV (modèle Y), roadster… Au début de l’année, il a également annoncé la construction à Shanghai d’une usine de batteries électriques capacité de 500 000 voitures par an. Ce site qui pourrait desservir l’énorme marché chinois devrait être opérationnel cet été, selon Elon Musk.

Et pourtant, tout n’est pas sombre dans le monde de Tesla. Le groupe automobile dispose d’une trésorerie abondante. À la fin de son premier trimestre, Tesla disposait de 2,2 milliards de dollars en espèces. Il faut maintenant ajouter un emprunt massif de 2,3 milliards de dollars contracté début mai. Ainsi, la chute des actions de Tesla sur les marchés est un moyen de mettre la société sous pression, mais il semble que les investisseurs continuent de croire au projet commercial dirigé par Elon Musk.