Peut-on mourir de chagrin ?

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“Être rongé par le chagrin”, “être triste à mourir”, “avoir le cœur brisé”, “mourir de chagrin”… Autant d’expressions qui laissent entendre que nos émotions négatives peuvent avoir un impact sur notre santé.
“Mourir de chagrin” est une expression que l’on utilise couramment au sens figuré, pour parler de quelqu’un qui ressent une profonde tristesse. Mais peut-on mourir de chagrin au sens propre ? Cette hyperbole serait en fait une réalité médicale.

Lorsqu’il est confronté à une émotion intense, physique ou psychologique, comme un décès, une rupture sentimentale, une opération chirurgicale ou encore une catastrophe naturelle, le corps, et plus particulièrement le cœur, peut réagir. Les expressions “mourir de chagrin” et “avoir le cœur brisé” prennent alors tout leur sens : on parle de “Tako- Tsubo” au Japon, de “broken heart syndrom” en Grande-Bretagne et de “syndrome du cœur brisé” en France.

Des facteurs aggravants
Cette maladie du muscle cardiaque ou cardiomyopathie de stress est surnommée “faux infarctus du myocarde” car elle mime les symptômes de la crise cardiaque à savoir une douleur intense dans la poitrine, un essoufflement ou encore une arythmie. “Il s’agit en réalité d’une réaction à un stress aigu entrainant une libération brutale de catécholamines, les hormones du stress, qui se fixent sur des récepteurs spécifiques du muscle cardiaque. Il y en a tellement que le cœur est sidéré, paralysé et ne se contracte plus”, explique le Pr Claire Mounier-Vehier, cardiologue et présidente de la Fédération Française de Cardiologie. Le syndrome du cœur brisé peut aussi être à l’origine d’un choc cardiogénique ou encore de troubles ventriculaires graves.

Cette pathologie est rare – elle touche 34 personnes par million d’habitants – et survient généralement chez des individus fragiles sur le plan de l’humeur, c’est-à-dire anxieux ou dépressifs.

Une véritable urgence cardiaque
Le syndrome du cœur brisé comptabilise un faible taux de mortalité – 3,7% -, mais constitue une véritable urgence, d’autant que les examens classiques tels que l’électrocardiogramme, l’échographie cardiaque ou encore les tests sanguins ne suffisent pas toujours à différencier le syndrome du cœur brisé de l’infarctus du myocarde. Pour cela, une angio-coronarographie et une IRM cardiaque sont nécessaires.

Si elle est prise en charge rapidement, cette forme d’insuffisance cardiaque aiguë est réversible : au bout de quelques mois, le patient peut récupérer ses fonctions cardiaques.

Mourir de chagrin est donc possible, mais ce n’est pas la seule émotion pouvant avoir des conséquences sur notre santé. Preuve en est : en 2016, une étude révélait que sur 485 cas de syndrome du cœur brisé, 4% étaient en fait liés à une joie intense. C’est ce qu’on appelle le “happy tako”, “happy heart syndrome” ou encore… “syndrome du cœur heureux” !

Originally posted 2018-02-18 11:06:34.

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